Le Kamagnène : la fête des récoltes en Casamance

Le Kamagnène, ou la fête des récoltes, organisée depuis un passé lointain, est toujours commémoré par les Diola de la communauté rurale de Mlomp dans le département d’Oussouye, en Casamance.

Ce rendez-vous, qui marque officiellement la fin des récoltes du riz, le début de l’an et le moment de renouveler leur reconnaissance envers Dieu « Atémit », pour l’abondance de ses bienfaits, a regroupé du beau monde sur la place publique du village de Kagnout. Le programme qui se déroule autour de séances de lutte traditionnelle réservées aux jeunes célibataires a permis de découvrir des combattants à la fois courageux, techniques et surtout fair-play.

C’était aussi, comme le veut la tradition, l’occasion de présenter les couples qui vont se marier durant cette année. Les hommes arborent des costumes spécifiques et tiennent un parapluie, les filles mettent leurs plus beaux habits et défilent dans l’enceinte. C’est dans une telle ambiance que le Kamagnèn, de cette année s’est déroulée devant un public nombreux, dont les touristes et des populations locales venues des villages de Samatite, Elinkine, Carabane, Kagrousse…

Il faut aussi souligner que cette fête marque la date de mise en liberté des animaux domestiques qui étaient retenus pour protéger les rizières. Et pendant cette période, la solidarité et le partage prennent une dimension plus festive, avec la préparation de copieux repas dans toutes les familles, des plats traditionnels spéciaux à base de produits entièrement locaux…

Plus qu’une fête, le Kamagnène se présente ainsi comme un système d’organisation, à la fois socio-culturel et politico-administratif. Pour retenir la date, le « prêtre » dépositaire de cette mission entre en conclave avec les esprits et consulte un groupe de sages. Après cet exercice, l’annonce officielle se fait par un chant spécifique de fête. Cette chanson est spontanément reprise par tout le monde, particulièrement les jeunes qui chantonneront à fond pendant cette semaine qui précède les festivités. Passé cette période, personne n’a le droit d’entonner cette chanson, sous peine répression divine.

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