Kédougou : Les orpailleurs se réservent dans la relance de l’agriculture.

Les orpailleurs traditionnels de la région minière de Kédougou et le gouvernement du Sénégal ne sont plus dans la même longueur d’onde. Alors que l’état prône l’agriculture pour l’autonomisation des populations, les orpailleurs, eux pensent plutôt que l’agriculture ne nourrit pas son homme.

Ainsi, pour assurer leurs propres subsistances, les orpailleurs accordent moins d’importance sur les efforts et les appuis du gouvernement à rendre autonomes les populations dans la consommation des denrées locales par la modernisation du secteur local.

Le département de Saraya qui est le bassin minier de la région est un exemple parfait qui illustre ce fait. L’agriculture n’y est presque plus pratiqué et les populations se tournent dans une chasse effrénée de l’or, si on la compare avec l’orpaillage.

«Nos parents ont cultivé des décennies durant. Le résultat est resté le même», a fait savoir Toumani Keïta, orpailleur et frère du chef de village de Kharakhéna, l’un des plus grands sites d’orpaillage de la région. Avant de poursuivre : «Nous vivons toujours dans la pauvreté extrême.» Et pour étayer son propos, il compare «avec l’avènement des sites d’orpaillage, nous avons pu construire des maisons. Nous sommes parvenus à améliorer les conditions de vie de nos familles». Le message est clair. Pour lui et ses collègues, il est hors de question d’abandonner l’orpaillage au profit de l’agriculture prônée par les pouvoirs politiques.
Ces derniers ne semblent pas accorder une grande importance que la cadence soit accélérée ou en baisse, car disent-ils : «l’orpaillage nourrit son homme». D’ailleurs, ce n’est pas Nfally Camara qui dira le contraire. En effet, l’édile de la commune de Tomboronkoto dans le département de Kédougou sonne la même trompette que son prédécesseur pour approuver sans équivoque les retombées économiques des sites d’exploitation artisanale de l’or. Qui profitent aux populations, notamment celles de sa commune où l’activité principale est l’orpaillage artisanal. Selon le monsieur Camara, l’orpaillage a d’une part «changé» le vécu des populations de sa commune. Et d’autre part, ce dernier de dire : «J’avoue que l’exploitation traditionnelle de l’or a beaucoup apporté aux populations. Elle a permis d’améliorer les conditions de vie de celles-ci dans plusieurs domaines surtout à travers l’habitat, le transport et aussi de créer des conditions alimentaires favorables à certaines familles.»

 

 

 

 

 

 

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